Comme des Lames de Fond

 

Infantilite bruxelloise

brux
   Grand' Place

Je rêve de Bruxelles, parfois, surtout quand le temps est gris et pluvieux. Bruxelles, c'est manteau-écharpe-bonnet. Je rêve d'avoir 17 ans, parfois, surtout quand je suis à Bruxelles et que je m'amuse de ne pas comprendre ce que dit le serveur qui me parle en néerlandais - obstination linguistique de certains néerlandophones face aux francophones. Bruxelles c'est beau et ennuyant. Comme l'adolescence. La beauté échappe sur le moment, mais les années passant... Et l'ennui. Bruxelles c'est ennuyant, sauf quand je suis en voiture et que je me perdai sur le Ring à tourner en rond pendant tout un après-midi ; ou quand je manquai de me faire écraser par un Tram. Et puis, c'est propre - sauf la place Sainte-Catherine après le Marché aux poissons, l'odeur s'incruste et persiste jusque dans le quartier chinois tout proche. A Bruxelles il y a le Tram et c'est bien... tout bêtement

Avenue Louise, un peu désuétude. Il y a la survivance de splendeurs passées, cette avenue reflète vraiment le faste de la ville à une certaine époque. Je rêve donc de vivre à Ixelles. Parce que l'élégance y est bien moins tapageuse qu'à Paris. J'ai 17 ans et je m'ennuie, je rêve d'ailleurs bien plus excitants. Je suis belge et pour moi c'est l'absolu exotisme.

              

Je n'ai plus tout à fait 17 ans et les huit mois passées à Bruxelles n'ont pas eût l'allure de temps adolescents.

 

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Arcade Fire

No Cars Go

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Passer...

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gf

 

b

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La Nostalgite

Chacun est affublé de quelques petites et grandes névroses, souvent elles sont chéries, entretenues, élevés. L'idée étant « d'en faire quelque chose ». De ses lignes incurvées essayer d'en tordre la perspective, comme un bâton cassé qui devient droit lorsqu'il est vu dans l'eau. Tout est question de perspectives, de maquillage, de subterfuges et d'ingéniosité.

 

Je suis atteinte de Nostalgite aigue, je l'avoue même si j'en ai un peu honte. Pas encore un quart de siècle de respiration hydrocarburée et déjà des « je ne souviens » et des « en 2002 qu'es que c'était bien... ».

Non, tu ne peux pas comprendre, dis-je avec une certaine gravité à une mioche de 7 ans, fille d'une amie. C'était à une époque bénie, une époque que les moins de 10 ans ne peuvent même pas imaginer. Et puis c'est tout.

Ma nostalgite relève de deux formes très communes : la forme spatiale et la forme temporelle.

 

Je me souviens de mon apprentissage de la langue française. Avant l'anglais, avant l'allemand, il était évident pour ma mère que mon frère et moi devions être de parfaits pratiquants de la religion « France : culture et traditions ». En Roumanie, dans la première moitié des années 80, nos compatriotes avaient d'autres maigres chats à fouetter que d'entreprendre de faire de leurs enfants des citoyens français perdus derrière le Rideau de fer. Ma mère passait pour une originale aux yeux de ses amies. Elle nous avait tellement bien conditionnés que nous ne comprenions pas pourquoi le gouvernement français, l'ambassade, Europe Assistance, l'ONU ou à la limite la DST  ne s'occupaient pas de notre situation : trois citoyens français seuls dans un pays hostile, notre cause était grave et méritait d'être traitée avec le plus grand sérieux et la plus grande prudence. Que faisait Mitterrand et pourquoi Bernard Henri Lévy n'avait pas encore écrit une tribune dans le Monde pour médiatiser notre situation. La France nous a abandonné, c'était évident et ma mère décida de rentrer en Résistance : puisque nous sommes ici, en Roumanie, pays étranger, nous devons insuffler, à ces pauvres bougres, l'esprit de liberté et d'amour de la Vérité digne de nos ancêtres « coupeurs de têtes peruquées ».  Elle publia de nombreux samizdats en forme de chroniques littéraires d'œuvres françaises qui étaient toujours ponctuées de morales belliqueuses à l'encontre de Ceausescu « la pensée du Danube » et de ses gardes chiourmes. Dans le même temps elle portait beau le style de Paris, allure extrêmement soignée, maquillage impeccable, coiffures souvent excentriques mais « à Paris, c'est très en vogue, j'ai vu le même brushing dans le Marie Claire que Bogdan m'a apporter de Pologne par la Suède et l'Hongrie. Oui, c'est une nouvelle filière d'importation des Marie Claire ». Nous mangions français, c'est-à-dire peu car, n'est pas, en France on ne mange pas de viande grasse enrobée de choux, ou de viande grasse noyée dans des sauces tout aussi saturées.

J'ai donc débuté la découverte de cette langue « statue du Commandeur » dans un contexte tout à fait favorable et qui devait tout naturellement laisser émerger mes prédispositions naturelles héritées d'une longue lignée d'ancêtres français. Sauf que  très rapidement j'ai déchanté. Alors que mon frère, de 7 ans mon aîné, lisait Sartre, Giraudoux, Sagan, moi je devais me satisfaire du  Voyage de Plume... Histoire laborieuse et totalement improbable d'un petit ours blanc dont la fonte de la banquise qu'il occupait avec sa mère l'a fait dériver vers les côtes africaines où il  rencontre un hippopotame opportunément nommé Hippo qui lui fit découvrir la savane avant de le mettre sur la première banquise venue en direction du Pôle Nord où Plume retrouva sa maman des souvenirs pleins la tête. Voilà, le Voyage de Plume. L'histoire est plus tragique qu'elle n'en a l'air, et à 6 ans, j'étais totalement dramatisée par ce petit ours blanc qui dérivait sur un petit bout de banquise qui fondait à vue d'œil. A vue d'œil car je ne lisais pas suffisamment bien le français pour comprendre exactement toutes les pensées intérieures de Plume, j'avais l'image et puis je devais m'en débrouiller. Si bien que je suivis avec assiduité les cours que ma mère nous prodiguait, comme dans une véritable classe, sauf que c'était dans une pièce du sous-sol de notre maison. Et pour connaître les aventures de Plume, j'ai veillé des nuits entières à apprendre la Gentille conjugaison, la Terrible grammaire et l'Horrible orthographe. Finalement j'ai pu lire les quelques pages des malheurs et bonheurs de mon ami Plume. Je crois que mon frère et moi avions très vite appris le français que nous parlions avec de terribles accents, mais c'était pas de notre faute après tout le gouvernement français n'avait qu'à nous rapatrier et nous aurions eût un accent nickel.

PLUME

Et puis...nous sommes venus en France. Quelle histoire. Sur mon bureau, en Roumanie, trônais un drapeaux bleu-blanc-rouge en plastique que mon frère de cessais de me piquer pour le mettre sur le sien. Voilà. 3 mois, et puis s'en va vers les USA. Mais toujours française de cœur avant que de revenir pour toujours à Paris.

 

C'est un exemple de nostalgite spatio-temporelle.

Je suis également atteinte d'Infantilite: je rêve souvent que je suis une ado vivant à Bruxelles...

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Les pâquerettes ne connaissent pas les Rolling Stones

RSIl est tellement détaché qu'il ne manquera pas de s'affaler comme une crêpe trop grasse sur le rebord d'une poêle. Il est tellement détaché que je risque de le paumer, il me faudrait une corde ou mieux de la Super glue pour lui rappeler qu'à trop vouloir prendre des postures lointaines il risque de s'envoler comme un ballon gonflé à l'hélium. Personne ne le retrouvera dans la stratosphère, il fera peut-être une violente rencontre du 3ème type et ça sera tant pis pour sa gueule.

Je sais que c'est la faute au trou dans la couche d'ozone, à Sarkozy, à la guerre en Iraq et à son insomnie chronique mais il pourrait faire semblant de s'intéresser à mon cas, ne serai-ce que quelques minutes par jour.

- Bah, tu sais ça passera.

- Oui, c'est une idée. Passer, je crois que je vais passer ailleurs. Même une pâquerette est plus regardée que moi!!!

- Hmmmm, mais elle a une durée de vie bien plus limitée que la tienne. A chaque avantage son inconvénient.

Je crois que j'ai touché le Jackpot, je ne sais encore à quelle loterie mais sûrement pas à celle de « levieparfaiteavecuntypegénial ». Je reste persuadée que le sort d'une pâquerette est plus enviable que le mien. Elle se pose là, et puis c'est tout. Au milieu de ses semblables elle se fond dans une masse blanchâtre. Aucune aspiration, aucun désir, aucune conscience, enfin aux dernières nouvelles on n'a pas encore vue une pâquerette se plaindre de l'indifférence des ses congénères. Et d'expèrience, je sais que la pâquerette peut être méchament idifférente.

Je lui ai parler de cette nouvelle absolument sensationnelle et donc incroyable, vraiment.

Lors du dernier concert des Rolling Stones à Bucarest - il y a 2 jours - les organisateurs (roumains) avaient fait venir un troupeau de filles fraîches et pleines d'ambitions libidino-dollaresques pour tenir compagnie aux Rolling Boys.

- Ouais, rien d'étonnant. C'est bien connu, les rock-stars attirent les filles. L'adrénaline d'un concert réveille les appétits. Normal quoi, ils se détendent.

Bah oui, sauf que ce qui s'est passé est un peu différent. Il se trouve que le troupeau a suivi les rockers bourrées d'adrénaline, et bourrés tout court, tout au long de leur pérégrination bucarestoise, le tout sous les flashes des paparazzis. Au restaurant, dans la rue, en boîte de nuit, dans la rue, dans les toilettes (si, si...), dans la rue, dans le lobby du Hilton, dans la rue. N'ayant pas eût accès aux chambres de nos rockers, la corporation journalistique a décidé d'envoyer sur place un de ses tout meilleurs représentant, capable de faire parler un bulot breton. Un journaliste de haute valeur qui s'est intéressé à ce sujet palpitant pour le compte d'une télévision privée roumaine (car Bucarest est la capitale de la Roumanie - l'Education Nationale néglige beaucoup trop la Géographie, je l'ai toujours pensé), pour ce faire Mister "Truth" a fait le pied de grue devant le Hilton et a intercepté à la volée la première nana «stilletosminijupedécoltée », car une question lui brûlait les lèvres et pas que...

- As-tu eût une sex affair avec un Rolling Stones??? Dis-nous tout, à leurs âge, la chose fonctionne encore???

[Oui, par là-bas, dans ces contrées hostiles, le tutoiement est de rigueur et les intérrogations les plus directes possibles surtout pour notre Mister "Truth" national que même le Kazakstan nous envie. Nous sommes tous de potes en Roumanie]

 La demoiselle minaude :

- Nous sommes montés dans les chambres, nous avons continuer à boire (pas que de l'Evian - note personnelle), et puis je suis allé avec un type dans sa chambre, je crois qu'il s'occupe des lumières, un truc dans l'genre.

Le visage de notre grand journaliste de terrain prend une mine écoeurée :

- Quoiaaaaa, même pas un musicien ou au pire un ingénieur du son... OK, je crois que nous sommes tombé sur le thon du groupe. Elles sont où tes copines?

- Euhhh...

- Pfff, j'ai jamais de chance. Jaaaaaaaaaaamaaais. Ce n'est pas demain la veille que j'aurai mon Pulitzer moi. Aller on s'arrache, le terrain est mort par ici.

Je me retourne vers ma crêpe et lui dis qu'il me semble que la marchandisation des femmes dans une société violemment libérale ayant perdu ses repérés culturels et religieux et sa confiance en la Politique, une société dans la quelle il faut posséder sans se faire posséder, car dès qu'une personne s'allonge pour Avoir,  elle passe du côté des ombres et est ravaler au statut d'objet plastique. Une société qui mesure la qualité des femmes au vue des noms inscrits dans leurs carnet de baise, un monde aussi corrompu qui ne ressent aucune honte à voir ses filles vendues à des sexagénaires anglo-américains, est l'archétype même de la post-histoire en marche vers sa non-existence intrinsèque. C'est puant, quoi.

- Ouais...mais c'est les Stones, quoi, tu vois c'que j'veux dire, non. N'importe quelle nana rêve de pouvoir dire qu'elle a couchée avec un de ces types. Tu ne trouves pas?

- Je ne sais pas, je suis pâquerette, je ne peux pas te répondre.

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The Velvet Underground

Heroin

Femme Fatale

Pale Blue Eyes

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Michi Quoque Niteris

Pensées et lampes enterrées dans la profonde solitude.
Qui es-tu toi, qui es-tu ?

Vingt poèmes d'amour et Une Chanson désespérée - Pablo Neruda

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T'ai suivi - Cette foule - Me suis frôlée - Cette solitude - Hésitante - Me reconnaître

S'ils peuvent prouver qu'un acte est détestable par le mal qu'il fait, moi seul puis décider, par le chant qu'il soulève en moi, de sa beauté, de son élégance ; moi seul puis le refuser ou l'accepter.

J. Genet

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Je m'étonne à ta vue, comme du temps passé

Nous vouloir nous quitter? Croire cela plus sage et juste

Adieu - Holderlin

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Vent Divin

L'ébauche maladroite d'une idée qui reussira plus tard.

Ravelstein - Saul Bellow

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